17, Avenue du Grand Séminaire, Lemba-Righini. Kinshasa-RDC


Bref aperçu des recommandations et résolutions de la quatrième édition du colloque international et interdisciplinaire sur le vivre-ensemble harmonieux et la paix durable en République démocratique du Congo.


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mardi 26 mai 2026  18 Vues

  • Excellence Monseigneur Edouard Isango,
  • Monsieur l’Abbé Recteur magnifique,
  • Chers membres du comité de gestion,
  • Chers Doyens,
  • Chers professeurs,
  • Chers CT et Assistants,
  • Chers étudiantes et étudiants, Distingués invités,
  • À vos titres et qualités, tout protocole observé, 

Nous, participants au quatrième colloque international et interdisciplinaire de l’Université catholique omnia omnibus, sous le thème : « La république Démocratique du Congo face aux enjeux du vivre-ensemble harmonieux. Le dialogue social inclusif est-il une solution à la crise de la cohésion nationale ? ». Après avoir analysé et débattu sur 42 Communications pertinentes autour du vivre-ensemble harmonieux et le dialogue,

·  Analysant et diagnostiquant les causes qui brisent le tissu du vivre-ensemble harmonieux en RD Congo, 

·  Enumérant les causes des échecs de dialogues précédents, entre autres le manque de la représentation des participants attendus ; l’absence des organes des suivis des recommandations et l’absence de contrat social horizontal,

·  Abordant la question de la culture politique en République Démocratique du Congo qui se caractérise par la gouvernance partisane, d’où l’exclusion, les mécontentements, la déstabilisation et la rébellion qui naissent,

·  En montrant le rôle que doit jouer les médias dans la conception mythologique et métaphysique de l’être humain et surtout pendant la guerre, 

·  En montrant que le dialogue ne doit pas viser à convaincre ni à vaincre mais plutôt la recherche de la compatibilité, 

·  En attestant la primauté de la population sur le pouvoir politique

·  En analysant le paradoxe principal du dialogue comment une expression censée produire du consensus est devenue le mot principal de la discorde, souvent performatifs et insuffisants, masquant l’absence d’un contrat social effectif et ne prévenant ni la balkanisation ni la reprise des violences,

·  En s’inscrivant dans le contexte de l’exégèse théologique afin d’y puiser les possibilités et les fondements d’un vivre-ensemble harmonieux,

·  En proposant une lecture psychologique des difficultés du vivre-ensemble en RDC qui n’est pas seulement politique ou économique mais profondément psychologique et pédagogique,

·  Considérants les défis de la fraternité qui perd son sens aujourd’hui en RDC avec les repris identitaires et tribaux,

·  Convaincus qu’il est possible de restructurer l’appareil sécuritaire et la formation d’une armée nationale aguerrit,

·  Soucieux de doter notre pays des infrastructures digne de ce nom (éducation, formation permanente, des routes,

·  Considérant le souci majeur de muter vers une économie propagatrice(agriculture) et non se figer sur les minerais qui créent des conflits,

·  Convaincus qu’il est possible d’établir des relations et d’échanges économiques dans la sous-région et surtout dans les Grand Lac,

·  Considérant la nécessité d’élaborer un plan d’action commune entre l’Etat congolais et l’Eglise,

AUZ 8U

Nous nous engageons à et recommandons :

v Promouvoir le dialogue qui doit viser l’intercompréhension et qui doit se fonder dans le pluralisme critique, c’est-à-dire savoir que chacun a une vérité qui doit tendre vers la vérité commune.

v Considérer le dialogue est un acte de construction d’une culture, l’arbre de palabre africaine, un espace de résolution des problèmes. Comme une activité permanente existentielle et non-événement de partage du pouvoir,

v Il faut opérer un changement de lexique : ne plus évoquer l’expression de « dialogue à la congolaise », qui a prouvé ses limites, mais utiliser plutôt le concept de « palabre » ;

v Mettre sur pied la culture d’une vision nationale commune ; il faut que la culture du followership soit développée en remplaçant l’expression « opposition politique » par « alternatif politique » ; il faut mettre en œuvre la culture des résultats.

v Créer un mythe ou un miracle au sens Grec sur le peuple Congolais comme certains peuples du monde le font,

v Mettre en place une Commission Justice et Réconciliation : il est proposé de créer une commission chargée d’examiner et de juger la responsabilité des acteurs ou partis politiques ayant soutenu ou collaboré avec les pays voisins agresseurs depuis 1996 jusqu’à nos jours,

v Proposer une éducation aux médias afin d’éviter les dérapages qui ne contribuent pas aux vivre-ensemble harmonieux,

v Tuer la notion des clans, des tribus pour susciter celle de la Nation en valorisant la loi.

v Crédibiliser le processus électoral : la Commission Électorale Nationale Indépendante doit s’appuyer sur des piliers fondamentaux (cadre légal, système électoral, technologie, éducation électorale, gestion des partis, vote, dépouillement, proclamation des résultats, gestion des contentieux, etc.) pour garantir des élections transparentes et fiables.

v Encadrer strictement les partis politiques en RDC : il est recommandé d’imposer des conditions claires et vérifiables pour le fonctionnement des partis, afin de garantir leur caractère national (non tribal), un nombre significatif d’adhérents, ainsi qu’une formation crédible et reconnue de leurs dirigeants.

v Plaidoyer pour la création d’une école endogène adaptée aux réalités congolaises. Cette école devrait former des citoyens autonomes, critiques, créatifs et capables de produire des solutions locales. Le relèvement du Congo passe avant tout par la construction d’un adulte congolais mature, responsable et conscient de son rôle dans le vivre-ensemble harmonieux et le développement national.

v Les ressources naturelles ne constituent pas un problème en soi, leur mauvaise gestion limite leurs effets positifs sur l’économie réelle. Elles deviennent une occasion pour financer les guerres à répétition. Pour contourner cette économie de guerre et éviter de tomber dans certaines situation comme la somalie, plusieurs solutions sont proposées : restaurer l’autorité de l’État sur tout le territoire, assurer une gouvernance transparente des ressources naturelles, investir les revenus miniers dans d'autres secteurs comme l’agriculture, l’industrie et le secteur de l’eau, ce qui pourrait diversifier l’économie congolaise et promouvoir l’inclusion sociale ainsi que le développement à la base.

v Pour contribuer au vivre ensemble harmonieux, il y a urgence du respect mutuel, la tolérance, la volonté de dialogue, d’assurer une forte gouvernance en matière de gestion des ressources naturelles ; Assurer une sécurité solide et durable interne et des frontières ; Adopter une approche globale de développement respectant les droits humains et protégeant l’environnement car les ressources naturelles permettent de préserver les valeurs culturelles d'un peuple.

v Favoriser l’intégration économique qui doit devenir un outil stratégique de stabilité régionale et de co-développement.

v L’harmonisation des systèmes de traçabilité minière entre la RDC et le Rwanda, le développement des infrastructures transfrontalières, ainsi que le respect strict de l’intégrité territoriale dans les relations commerciales.

v Renforcement des programmes de recherche interdisciplinaires et de sensibiliser, de la société civile à la doctrine de la « solidarité de fait » afin de faire de la prospérité partagée un rempart contre la guerre et un fondement de la cohésion régionale.

v Créer des organes des suivis des recommandations des différents pour éviter les résolutions sans effets, qualifié de « cimetière des résolutions ».

v Promouvoir une gouvernance cohésive où l’on prône le leader-arbitre c’est-à-dire le leader ne devra pas porter le titre d’un partisan mais plutôt l’acteur du dialogue permanent. 

v Que les relations interculturelles conflictuelles entre bailleurs et locataires à Kinshasa doivent quitter le stade de conflit pour celui de l'accueil de l'autre comme manqué relationnel à travers l’altercité où la parcelle et la cité sont considérés comme des espaces de redécouverte des biens communs, favorisant une innovation sociétale qui stimule la pluralité, l'urbanité et l'esprit de collaboration citoyenne.

v Il faut penser à la judiciarisation de la vie politique (la constitutionnalité des actes juridiques innomés ainsi que la pénalisation de la vie politique). C’est –à-dire (la juridisation des accords politiques, la mise en place du régime de sanction d’ordre politique, l’insertion des problèmes sociaux de populations dans les assises politiques.

 

Fait à Kinshasa, le 22 mai 2026

Les participants,

Lu par le Professeur Marcellin Kalombo Mbuyamba